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pour un parti de l'abstention révolutionnaire

pour un parti de l'abstention révolutionnaire

«Le monde sera beau je l'affirme je signe» (Jean Ferrat)


Médias, menaces et séduction, l'opération Frankenstein continue

Publié par xyz sur 2 Mai 2017, 09:52am

Au soir du premier tour, dans les salles de rédaction et dans les chancelleries du Saint-Occident Impérial, ç'a été un grand ouf de soulagement général. Les pères fouettard du « vote ouvrier », monde habité selon eux par d'ignobles pourceaux et bouffeurs d'immigrés, jubilaient, en même temps qu'ils compatissaient au sort malheureux de la droite républicaine, victime des égarements de son champion à qui tout était déjà pardonné. La corruption politique, pour ce monde-là d'exploiteurs de problèmes, quitte à s'en laver les mains, c'est l'affaire de la Justice. Toute cette mise en scène, étant réalisée sur fond de célébration du combat victorieux des archanges Obama et Merkel, contre le Mal. Bref, LA FRANCE INSOUMISE et son candidat Jean-Luc Mélenchon, ce diable de Carlos Illitch Chavez, ouf, étaient éliminés de la compétition électorale. L'appel de Hollande à faire barrage à la France insoumise avait été entendu. Mais qui a prêté attention, à l'occasion de cette messe de minuit médiatique, au discret thank you, mister Hollande ! de la Le Pen, à son président chéri. Et qui aura dit que c'est grâce à lui qu'elle a été élue au premier tour ? Pas les médias qui, uniment, en pincent pour le candidat du Front républicain, quand ils ne lui ont pas fait allégeance, pour le dire avec cet esprit d'époque à la Mithridate qui s'empoisonne à bon escient et fête simultanément noces et funérailles. Que ce macaron-là doré, ce pin's de la vie européenne en rose, cette épinglette du MEDEF, à un million d'emplois lâchés en l'air, avec airs de cliques et pom pom girl's, que ce bellâtre-là, dont l'audace et la jeunesse fascine sybarites et mollassons, que ce mister Dean-Bean, figure de proue de tous les caprices et lubies des classes aisées, que ce coq gaulois de la fin de l'histoire revenant présenter son ardoise, soit un décalque du président des socialistes du dimanche, qu'est-ce que cela peut bien leur faire aux médias ? Ils ont déjà tourné la page. Demain est un nouveau jour radieux, débarrassé de ce cochon d'ouvrier et autres arriérés condamnés à disparaître, pour cause d'obsolescence. Et à présent, leurs articles collés aux derrières, ils cavalent en direction des nouvelles écuries. Trouver l'étalon dominant c'est leur dada. Sans oublier cette loufoquerie qui réclame, après l'appel à dégager Mélenchon, et cela sous peine d'infamie universelle, que l'extrême-gauche honnie fasse barrage à l'extrême-droite. Même la Vénus de Milo, qui jamais ne se fera sang d'encre, est plus tiède et câline. Pour ces messieurs-dames-là, entrez tôt dans la carrière, y faisant leur trou, s'y cramponnant, la politique est au fond une passionnante partie de flipper.

Coucou ! C'est nous ! Dans l'oeil du front.

Coucou ! C'est nous ! Dans l'oeil du front.

Paf à gauche, paf à droite. Attention au tilt ! Hourra une partie gratuite ! Bon Ducon tu paies la tournée, hein !

 

Aux yeux des couches blabla cool, la politique, en effet, se résume à une sorte de jeu, avec ses règles et surtout ses perdants et ses gagnants. Il n'y a donc ni vainqueurs ni vaincus. D'ailleurs ces mots-là aujourd'hui font tache, renvoyant à une terminologie archaïque et rétrograde et pour tout dire extrêmement négative, qui indique tout de suite le mauvais joueur et perdant. Qu'est-ce que le social a à voir là-dedans, entièrement ouvert et dédié aux défis et challenges ? Et de rouler de gros yeux aimants, en appelant à cesser tout enfantillage ou pire : s'abstenir de concourir à l'Avenir parié sur le dos des masses, servant de mise et d'enjeu. Que tout le monde à la fin gagne à participer à l'aventure du nouveau millénaire, c'est pour elles une donnée de fait. Leur pratique politique est donc surréaliste. Elles voient ce que la masse engoncée dans son gras ne peut voir, deux voies opposées. Soit l'une menant droit à Pompéi ou Palmyre, vue par le judas de la porte sans issue de l'histoire, qu'elles barrent en concierges éclairés par un effroi mortel. D'où leurs gueules de paillasses tragiques. Car cette porte, comme croit savoir une sainte rumeur occidentale qui sait de quoi elle parle, mène direct à Auschwitz. Soit l'autre voie prometteuse, après conversion, qui débouche, patience confiance, sur un nouvel Éden où loup et chaperon rouge, demain, iront bras dessus bras dessous. Ah ! Ça ! Ces classes faiseuses d'anges savent s'y faire en liquidation apaisante de la politique du pire dont elles tirent toute une batterie de vaccins. Le peuple ouvrier, oui ! outre bouffeur de porc et donc cannibale, est, aussi globalement que mystérieusement, bête à cornes, enragée. Ces belles images brutes de décoffrage, importées de la bible, pour être recyclés en concepts du septième jour électoral sont évidemment à délayer dans leurs journaux et émissions, à relayer via leurs réseaux d'influence et autres lieux d'accointances et même punaisées sur de noirs guéridons, servant de porte-lumières, elles servent à bredouiller, marmonner, psalmodier, dans l'oreille du suicidé français, peinte à la Rembrandt, écorchée et pendue au-dessus des barbelés. Et donc, globalement, aux yeux de ces couches politiquement indécentes et malsaines, qui jouent, à la Le Pen, de l'ouvrier contre l'immigré, en se donnant des airs humains supérieurs, d'Amsterdam à Varsovie et Budapest, tout est pour le mieux parce que rien n'arrive sans raison. Le FN, au deuxième tour, c'est, comme de bien entendu, la faute à la France Insoumise, parce que, pour ces classes-là politiquement indigentes et grassement rémunérées, cette dernière n'est qu'un FN-bis et donc une menace pour la belle et bonne Europe, championne du vivre-ensemble, chacun dans son coin, sur le mode d'un partage singulier :

À toi l'os, à moi le jambon et le gigot !

 

Quoi qu'il en soient de leurs fantasmagories et autres fulgurances lunatiques, un grand pas, en leur faveur, a été fait : pas de parti extrême au second tour. Selon la comptine anti-totalitaire bien connue qui veut que Le Populisme (à ne pas confondre avec le botulisme bolivarien plus violent que le Roundup et le Médiator), est moins pire que le nationalisme qu'est moins pire que le fascisme, qu'est moins pire que le nazisme qu'est moins pire que le communisme qu'est Le Pire, au final. Et donc, du point de vue de l'enchaînement médiatique des faits qui ont conduit au résultat inespéré du premier tour, le triomphe posthume de la Silicon-Valls-El-Khomri, le Front Nationaliste, c'est en un sens le moindre mal. Une opportunité d'en finir avec la bête immonde, tuée et enterrée en... 1945. Comme un retour vers le futur. Cette bête-là démoniaque aux neufs vies, à la fois Jekyll-Christ et Heil-Satan, fut sans doute enterrée à la va-vite dans un ventre bien garni de peuple heureux de roter en paix, dans sa mangeoire européenne, soustraite aux appétits immondes de l'orque ouvrier. Pensez donc une bande brutale d'écorcheurs de chemises et d'illettrées qui s'imaginent pouvoir dire leur mot sur leurs conditions de vie et de travail. On aura tout vu ! La belle leçon iconoclaste que voilà, rondement menée par par tout un clergé européolatre et destructeur d'idoles ouvrières, fabriquées par des légions de nouveaux adorateurs du Mal et infidèles à la vraie foi, faite de paix exportée à coups de bombes et de coups d'état ! Le Mal ne doit-il pas être guéri par un mal mécaniquement supérieur, parce que démocratiquement validé ?

Coucou c'est eux ! Les sauveurs du Front de l'entre-deux tours

 

Le Front Républicain n'a d'existence politique que symbolique. C'est un vieux personnage de la vie politique française, qu'il faut imaginer en forme de couple siamois, doté de deux cerveaux, d'un seul cœur et de deux sexes, féminin et masculin, interchangeables, selon les positions historiquement adoptées, par l'un ou l'autre des deux frères ennemis. Pour se baiser mutuellement c'est l'idéal ! Originellement l'un est de gauche et républicain. Il joue le rôle du père à tuer périodiquement. L'autre est de droite et conservateur. C'est la Mère de tous les régimes de dictature, provisoires, qui a pour mission de préserver la Liberté de toutes les atteintes aux biens et attentats aux mœurs. Mais l'un et l'autre communie en une même foi de progrès profitable contre l'hérésie égalitariste. Bref, sur le plan symbolique, le Front républicain est un polichinelle, soigneusement rangé, dans les tiroirs du ministère de l'intérieur, à brandir opportunément quand les circonstances l'exigent. Le reste, concrètement, est l'affaire des forces de l'ordre, politiciens, putschistes et procureurs et pigistes, tous porteurs de paix et portant le pet. C'est donc un ensemble hétéroclite et disparate dont l'unité patriotique de façade se réalise mécaniquement contre le danger industriel ouvrier, à mettre six pieds sous des boulevards flambant neuf où commercer et jouir de la vie confortablement tant économiquement que moralement. Le Front républicain est au fond la bonne conscience des voyous et brigands de tous poils bords et acabits, à qui tout est pardonné au final, selon le principe de l'absolution différenciée.

 

Mais dans la vie réelle qui va, depuis plus de deux siècles, en se complexifiant, c'est-à-dire se socialisant, les choses sont naturellement plus compliquées. D'une part, du sang a coulé sous les ponts ou est parti en fumée, souillant ainsi définitivement l'histoire d'une nation qui se rêve toujours comme un modèle de vertu, vierge de toute contamination idéologique et d'autre part ce sang noirci à souhait et cette fumée encensée à fin de consécration finale ont été séparés, comme le Bien et le Mal, en vue d'une réconciliation générale des bourreaux et victimes. Dire que tout ça, totalement abject dans son fond et odieux dans la forme, fasse mousse et tache, suffit à s'attirer les foudres du dit Front républicain, qui appelle aujourd'hui la France insoumise à se ressaisir, pendant qu'il en est encore temps. Sans quoi, elle sera radiée de la société des bienveillants, et traitée comme le Front National, en criminelle. Ce jugement à l'emporte-pièce a au moins une utilité. Il confirme qu'il y a bien une prison cinq étoiles, en France, dirigée par la famille Le Pen, objet de tous les soins et attentions républicaines, comme contaminés par la scène du Crime contaminante. Du coup, le nombre de victimes de complots imaginaires croît, qui croient savoir que l'état est dans le coup. Et l'état et sa police s'estiment quant à eux les premières victimes de leurs propres victimes. Heureusement il y a les médias pour rétablir la vérité, en mettant Mélenchon et la France insoumise au banc des accusés, parce qu'ils feraient le jeu du Front National et le malheur de la France la plus belle, la leur. Outre qu'en sus, Hitler, rétroactivement, c'est leur faute ! Qui dit et surtout fait mieux, en matière de simplisme ? Qui, fort de cette simplicité bonhomme, prétend résoudre tous les problèmes, en désignant non pas les coupables de la corruption de la vie politique, mais ouvriers et salariés en lutte pour des conditions de vie et de travail décentes ? Qui pratiquant la délation heureuse prétend de surcroît au nom des Rroms, immigrés et de la jungle de Calais, dont ils se moquent comme de leur premières chemises pas vraiment blanches ? Qui soutient un candidat dont la candidature s'origine dans toutes les politiques de destruction de la vie publique et ouvrière, depuis près d'un demi-siècle, en promettant un millénaire rêvé de paix et de prospérité ? Qui ne cesse de voter des lois et de prendre des mesures de contrôle de l'immigration et lâche la police à ses trousses, en défense de la patrie, du patrimoine et de tout le saint-frusquin démocratique ? Qui envoie des bombes roses et des troupes de bisounours, en Afrique, au Moyen-Orient, en Afghanistan ? Qui délocalise les usines, pour y embaucher à moindres frais de pauvres ouvriers martyrisés, tyrannisés, par des dictateurs garants de cette exploitation occidentale, la plus démocratique ? Qui finalement fait faire la seule besogne et garde les mains blanches ?

Ben ! La France insoumise, pardi !

 

Qui a bien raison de leur répondre : couards républicains qui vous abritez derrière vos escadrons de police et politiciens lâches qui débitez des mensonges mielleux, sur la bienveillance des marchés à l'égard du travail, allez au diable ! Soyez maudits ! Comme nous, apprenez à souffrir, si ce mot-là a jamais fait corps avec vous. Parce qu'à vous voir vous parer de toutes les vertus, en vous présentant comme les représentants patentés de l'humanité et en exigeant un vote exclusivement en votre faveur, à seule fin de conserver vos libertés bornées à vos seules petites personnes, vos droits à multiplier vos niches fiscales et biens concomitants, votre confort moral écœurant, nous vous le disons tout net et sans détour, votre humanité est monstrueuse. Elle sert de paravent à vos zones d'intérêts. Elle est l'expression d'une communauté d'intérêts à laquelle nous n'avons part que parle biais de notre exploitation doublée d'une oppression graduée selon le degré de résistance rencontrée. Et donc entre le Front républicain circonstanciel et le Front National il n'y a aucune différence de nature mais seulement de degré. Un exemple entre cent. La loi travail que votre candidat plat et verbeux, comme une image contemporaine, entend radicaliser, dès qu'enfermé dans sa future prison cinq étoiles, sera faite, et cela a été dit explicitement sur France 2, pour que les syndicats aient moins de pouvoir et d'argent et l'état plus des deux. C'est le discours-type du Front National et au-delà de toutes les droites, y compris socialistes. Alors votre injonction à voter au profit d'une démocratie seigneuriale qui fleure bon un racisme social implicite, Rolex, costard et tee-shirts et marcels à l'appui, par son maniement constant des oppositions, entre petits blancs et basanés, ce dont vous remercie le Front National, le retournant à ses propres fins, pour mieux diviser la masse et ainsi attiser la haine, nein ! Danke ! Mieux vaut la lutte, s'il le faut, jusqu'à la mort, puisque vous avez l'amabilité de nous avertir que tel sera notre sort, et l'histoire effectivement ne dément pas cette menace vérifiable au travers des colonisations et guerres mondiales, mieux vaut donc la lutte, en toute indépendance et intelligence avec nous-mêmes, que la soumission à votre terrorisme de masse qui combine la mort sociale et les bombardements et matraques tous azimuts. Votre Front républicain pour tout dire est un front de voyous et d'assassins, visible dans tous les dossiers vous concernant. Comme est connue votre façon de résoudre les problèmes et de les classer : et alors ? That's life ! Tous les états le font, non ! Car le problème à traiter, à classer, évidemment, c'est nous ! Plus ou moins extensivement. À éliminer d'urgence. Il semble bien que nous n'avons, à supposer qu'il n'existât jamais entre nous une communauté d'intérêts, plus rien à nous dire. Et donc, il est temps de repartir du bon pied :

 

Macron-Le Pen, remettre la France en ordre et en marche, pour votre plus grand profit, c'est non !

 

Ils nous diront, ne parlant à personne en particulier, le jeu de massacre, c'est leur spécialité, voilà qui nous promet des heures sombres ! Mais que font-ils d'autre à longueur d'antenne, ces éclaireurs éblouis par leur propres clartés, que de nous promettre le pire ! Parce que leur unique programme, repeint en bleu battu et/ou en rose bonbon, c'est l'état ! Encore l'état ! Toujours l'état ! Le leur, il va de soi. À bon marché, pour les marchés. Et de plus en plus létal pour la masse des ouvriers et salariés.

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