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pour un parti de l'abstention révolutionnaire

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«Le monde sera beau je l'affirme je signe» (Jean Ferrat)


Vive la France sous présidence !

Publié par xyz sur 27 Juin 2017, 12:12pm

(et son état, sa société civile et ses médias)

 

L'Empire du Bien et ses ennemis

 

Si le populisme se définit exclusivement au regard des institutions existantes, c'est en dernière analyse parce qu'elles le déterminent de bout en bout. Il est donc réactionnaire au sens politique, du mot. À savoir qu'il réagit aux conséquences des politiques mises en œuvre, dans le cadre de ces institutions, en France, la V° république ou république présidentielle, en reproduisant, sous de nouvelles formes tant conservatrices que libérales, les causes économiques qui les ont produites. La France des macronards ou des gagnants de la mondialisation est la preuve électorale de cette adhésion à une forme politique de nature populiste libérale que l'idiot médiatique, autrement dit l'opinion dominante, réserve d'ordinaire à l'aile la plus conservatrice de la démocratie capitaliste, et qui, au-delà de leurs différences sociétales, tendent à surinvestir les institutions, jusqu'à fusionner avec elles, pour en faire une communauté de destin. Les institutions politiques en effet n'existent que par les hommes qui les font et en font usage. Sauf à les croire graver dans du marbre juridique increvable. La République en marche, par son appellation même, ne fait qu'illustrer ce fait à sa manière. Et de là, de cette confusion politique volontairement entretenue, à une dictature politique pleine et entière, ce n'est qu'affaire de circonstances. Quelle différence idéologique, en termes d'images au pouvoir, entre un Trump qui pianote à peine debout à l'adresse de tous et un Kim Il Sung à son balcon qui harangue un parterre rassemblée en rangs serrés ? N'a-t-on pas, à chaque fois, un état muni de son média face à sa société civile ? De ce point de vue général, le début du XXI° siècle euro-américain, qui se fonde sur sa volonté affichée de guerre contre le terrorisme, doit être reconnu comme un mouvement qui court à la catastrophe sociale et politique, en prétendant s'y opposer. Si maintenant la politique est, de façon générale, la capacité du présent à se projeter dans l'avenir, en l'imaginant comme la solution à des problèmes réels, la question politique qui vient immédiatement à l'esprit est celle de savoir si la France des macronards est cette chose nouvelle à partir de laquelle considérer les problèmes économiques et sociaux connus de tous, pour y faire face et les résoudre de telle sorte que le plus grand nombre en devienne collectivement bénéficiaire. Personne en effet ne peut ignorer que les solutions trouvées aux problèmes des sociétés démocratiques jusqu'à ce jour, et notamment au XX° siècle, l'ont été par la guerre avec les conséquences effroyables sur les populations d'ailleurs périodiquement rappelées. Les faits sont donc connus. Il n'y a pas à revenir. Rappelons simplement que l'Europe gage de paix, slogan par ailleurs de moins en moins crédible, est le produit de circonstances historiques au cours desquelles des dizaines de millions d'hommes on trouvé la mort et pour certains dans des conditions ignominieuses dictées par une volonté d'extermination systématique. Aussi, les mêmes problèmes se posant à nouveau, à savoir l'inadéquation du pays institutionnel légal et du pays économique réel, n'est-il pas étonnant, que l'idiot médiatique appelle compulsivement à tourner la page qui renvoie aux heures sombres de sa propre histoire, tout en niant qu'il en a été partie prenante. L'horreur totalitaire, comme il dit, généralisant la chose, osant à peine prononcer les mots nazisme et fascisme, réservés à des cercles restreints de la société civile se livrant à d'historiques débats, c'est de la faute aux autres ! Aux fauteurs de troubles ! Aux fauteurs de guerre ! Au communisme ! À l'islamisme ! Au vu de ce magma hétéroclite de forces coupées de leurs réalités respectives, pour être jetées dans la même bétonnière idéologique, qui construit des murs infranchissables entre le Bien et le Mal, qui peut s'étonner de la tentation de décréter la fin de l'histoire. D'autant que l'idiot médiatique est cette chose inouïe qui se recrée en permanence, en offrant à qui en veut, du bon, du neuf et du pas cher ? Si dieu est mort, quelqu'un assurément, se logeant dans cette antique carcasse et trouvant à se lover dans un ventre putride et plein d'exhalaisons, a pris sa place.

Ni le temps ni la mort ne m'impressionent. Seuls les hommes dérouillent.

Ni le temps ni la mort ne m'impressionent. Seuls les hommes dérouillent.

Tout nouveau tout beau ?

 

Nul n'est censé ignorer la mise en orbite d'une nouvelle station présidentielle, que l'idiot médiatique, fervent de jeux vidéos, a baptisé JUPITER. Une chose antique extraordinaire. Apollinaire avait donc bien raison de dire que le pape était l'européen le plus moderne. Et Rimbaud d'ironiser sur Napoléon le petit, féroce comme Zeus et doux comme un papa. Les présentations étant faites, passons à cette société civile qui a accédé à la légalité républicaine et qui entend réaliser son rêve : confier le pouvoir au pays réel, tout en l'attribuant, par contrat tacite et d'entrée de jeu, à la navette Philippe 2 qui relie JUPITER à ses pontifes parlementaires, portant bonnets d'ânes républicains à l'écoute de tous les Français authentiques et trompes démocrates, trompetant la nouvelle démocratie, délestée à la hussarde des vieilles forces institutionnelles qui ont fait leur temps. Plus de chars bling-bling de carnaval, ni de pédalo donc. Mais des entrepreneurs, des fonctionnaires, des cadres du privé et du public, des juristes, des médecins, des mathématiciens, des permanents politiques, des assistants parlementaires et autres sous-fifres du vieux système des partis encore sous le choc de leurs gloires passées, au service du président en exercice. La nouveauté, étant qu'un moitié de ces nouveaux députés n'a jamais exercé de mandats électifs. Ce serait là un gage de changement et de rupture avec le professionnalisme en politique. Sauf qu'en politique comme ailleurs, il faut bien commencer à faire carrière, puisque personne ne naît noble député. Mais la question, encore une fois, qui vient logiquement, quand bien même présentée de manière dithyrambique, est de savoir en quoi un vendeur d'horoscopes, un prof de fitness, une torera, vierges de politique institutionnelle seraient plus qualifiée qu'un politicien pour poser et résoudre les problèmes économiques, diplomatiques et militaires inhérents à tout état engagé dans la guerre concurrentielle que les états se livrent entre eux, afin de s'accaparer les marchés sans lesquels leur existence est menacée ?

 

Nous avons affaire à l'évidence, à une supercherie politique, relayée par les médias, qui consiste à croire ou faire accroire que les « vieux » politiciens déconsidérés, à la Fillon, pour prendre un cas extrême, n'agissaient politiquement que pour eux-mêmes et non en vue de défendre des politiques économiques favorables aux milieux économiques dirigeants. C'est là, rappelons-le, le point de vue traditionnel de la droite nationaliste et xénophobe qui en a fait son cheval de bataille. Son but étant la permutation du personnel politique à son profit exclusif, sans toucher le moins du monde aux institutions existantes ou alors, ce qui revient au même, en leur donnant un tour encore plus autoritaire, tout en prétendant s'affranchir de l'économie mondialisée. Pour l'idiot médiatique cependant tout ce qui tombe de Jupiter est beau et béni, le diable, lui, comme taupe, sortant, rouge-brun-vert, de terre. Admettons ! Faisons de pauvreté intellectuelle, vertu. En quoi le nouveau-là, indemne de scandales et de corruption, est-il une bénédiction ? Et quelle est sa beauté, s'il en a une ? Eh bien il suffit d'observer les catégories socio-professionnelles, qui constituent cette nouveauté, pour constater qu'elles sont principalement occupées à diriger, encadrer, administrer et gérer ce que la coutume capitaliste appelle les ressources humaines. En fait, ce sont des petits chefs. Et certes ils ont une compétence, au même titre que la chiourme qui rythme la cadence des galériens rivés à leurs rames, et parfois se plaint du vent violent qui lui déchire ses beaux vêtements. Ces nouveaux-là bénis entre tous les Français ne peuvent, de surcroît, pour compenser leur absence d'expérience politique, faire preuve de militantisme social et politique. Ils n'ont pour eux que le fait de travailler. Et nous voulons bien croire qu'au train où vont les choses, ce sera bientôt une gageure, aligner deux trimestres à plein temps d'affilée. Bref la France des macronards a été recrutée, en vue de donner à l'actuel président un semblant d'habits neufs institutionnels, pour masquer sa structure corsetée de technocrates et lobbyistes, agissant au service des milieux économiques européens dirigeants. Aux ouvriers et classes inférieures salariées d'obéir sans broncher. Savent-ils seulement ce qu'ils font ce qu'on leur dit de faire, ces illettrés, flemmards de naissance et mal fagotés ? Et encore disons-nous ici le mépris et l'arrogance dont ces gens-là, forts en calculs et grands mots, sont coutumiers, avec quelque humanité.

 

Comme en France, on adore les analogies historiques à seule fin de se livrer à un jeu de massacres, ayant pour but la disqualification de l'adversaire, posons-nous, en guise de conclusion, cette question subsidiaire : qu'auraient donc fait ces gens-là, si disponibles et aimant tellement leur pays, dans l'Allemagne des années 30 et l'Italie des années 20, dont les états populistes, en fait nationalistes, au sens européen moderne, autrement dit partisans d'une hygiène raciale qui, elle, aussi n'a demandé qu'à faire ses preuves, ont trouvé à employer leurs classes moyennes supérieures à quelques taches administratives urgentes et prioritaires, destinées à mettre la population au pas, à remettre de l'ordre dans l'état et à éliminer les éléments jugés indésirables et attentatoires à la vitalité du peuple allemand et italien  ? L'idiot médiatique, se sentant morveux, par les arguments employés qui répondent pourtant point pour point aux siens, se récriera que les temps ont changé, que plus rien n'est comme avant, tout en criant, à tout instant, gare !, et qu'il faut laisser les nouveaux venus faire leurs preuves ? Voilà un bel effort d'imagination généreuse pour quelqu'un qui ne jure d'ordinaire que par les compétences requises pour traiter de la complexité des phénomènes sociaux et la technicité des problèmes économiques posés ? Il est clair que l'idiot médiatique n'a pas de solution de rechange. There is no alternative aux problèmes politiques et sociaux qui travaillent en profondeur la France actuelle. Mais cette façon légère, pour le moins de considérer les choses jugées par ailleurs extrêmement préoccupantes, est proprement un scandale intellectuel d'un culot non-pareil. Parce que la solution défendue revient à confier un trente-cinq tonnes à un gamin de dix ans, en souhaitant bonne chance aux automobilistes et aux piétons qu'il croisera. Ce sérieux-là, disons-le nettement, c'est la bêtise à l'état pur de ceux qui ne se sentent pas concernés par les prétendues réformes du marché du travail, certains qu'ils sont de toujours trouver quelque moyen commode de s'en tirer personnellement. En même temps, nous les comprenons parfaitement, ils n'ignorent rien de la supercherie politique qu'ils ont contribué à réaliser : offrir un vernis démocratique, à un gouvernement 100% technocratique et une présidence qui n'a jamais été aussi V° république. Pour commencer une carrière de dictateur, trente-neuf ans, l'âge de Mussolini, en 1922, ça s'entend !

 

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