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pour un parti de l'abstention révolutionnaire

pour un parti de l'abstention révolutionnaire

«Le monde sera beau je l'affirme je signe» (Jean Ferrat)


À propos du mot d'ordre appelant à faire barrage au Front National

Publié par xyz sur 17 Juin 2017, 09:46am

Un doigt de dictature pour resserrer les coutures

 

Appeler à faire barrage au Front National, c'est avant tout poser la question de son éventuelle arrivée au pouvoir et non celle de savoir si ses idées communautaristes et xénophobes sont compatibles avec la démocratie capitaliste, parce qu'en réalité, bruit et odeurs relayant la fureur, elles l'ont été et trouvent encore à s'exprimer par le biais des institutions et des partis qui les font vivre. Le projet de loi de déchéance de nationalité et la lepénisation volontaire de la droite institutionnelle, gauche socialiste incluse, en sont deux exemples probants. La Présidence En Marche a d'ailleurs pris acte d'une politique initiée en 2001-2002, avertissant de son intention prioritaire de faire de l'état d'urgence, une politique sécuritaire permanente, à l'égal du patriotism act de Bush II, organisant en toute légalité la restriction des libertés publiques. Voilà un exemple d'une interprétation démocratique forte de l'idéologie du vivre-ensemble et du faire société. Tous deux modèles en chambre, sociologique pour le premier et philosophique pour l'autre. Qui criera à l'amalgame, à ce propos, qu'il se souvienne alors de ses propres icônes Martin Luther King et son mouvement des droits civiques, Nelson Mandela et sa commission de la vérité et de la réconciliation, confrontés à des législations à caractère racial, qui n'excluaient nullement la démocratie pour une fraction de la population, et aussi de Yasser Arafat et ses accords d'Oslo, combattant pour le respect des traités, accords et résolutions prises par la démocratie mondiale et jamais respectées. La démocratie a-t-elle pour autant cesser d'exister en Europe et aux USA ? Non ! Elle a même servi et continue de servir d'étendard à des guerres réelles, et pas seulement froide et imaginaire, menées contre des peuples en chair et en os, au prétexte d'un communisme introuvable, comme l'histoire l'a montré, et cela en défense d'une démocratie capitaliste indépassable, excepté par elle-même, assortie d'une d'interdiction aussi absolue que ridicule de changer de mode de vie : there is no alternative. Dans ce cas, il fallait laisser les mineurs continuer à aller au charbon. L'ennemi le plus puissant de la démocratie est donc la démocratie elle-même et ses partis libéraux et conservateurs qui s'accommodent en pratique et au nom du réalisme d'état de pratiques dictatoriales et donc des violences et des guerres qui les constituent. Que ces violences et ces guerres soient par ailleurs admises, en dernier recours, ne modifie en rien le fait que ce sont des actes arbitraires qui obligent les forces qui en font usage, à les justifier d'une manière ou d'un autre. En Côte d'Ivoire, par exemple, il est question d'apporter une aide bénévole à un gouvernement démocratiquement élu. Au Mali, est invoqué le droit à l'existence d'un état menacé par le terrorisme. Et en France, face aux menées djihadistes, sont appelées à la rescousse les valeurs républicaines, qui n'ont empêché ni la guerre d'Indochine ni d'Algérie, au contraire, parce que ces valeurs d'abord révolutionnaires sont, depuis 222 ans, contre-révolutionnaire et terroristes. Oui ! La France a déjà tout essayé. Et de ce point de vue historique et politique, le fait qu'en France, le Front National ne bénéficie pas, pour l'heure, de l'onction des milieux économiques et dirigeants, comme ce fut le cas, en Europe occidentale, pour Hitler et Mussolini parvenus au pouvoir légalement, n'a rien à voir avec son projet de préférence nationale. Son entrée en scène politique n'est tout simplement pas nécessaire, comme le prouve la victoire massive annoncée du président Koissakoissa. L'éventuelle arrivée au pouvoir de ce ministère-bis de l'Intérieur, quand bien même idéologues et technocrates y songent, n'est pas à l'ordre du jour, parce que la situation économique et sociale, qui prévaut en France et en Europe, ne l'exige pas. Les gouvernements au pouvoir parviennent à manœuvrer sans trop de difficultés et satisfont les impératifs des milieux économiques dirigeants : comprimer la masse salariale, par le biais de lois nationales et de traités européens, portant sur l'emploi et le chômage, les impôts et la baisse des dépenses publiques, bref en modifiant les conditions de vie et de travail du plus grand nombre et cela de façon massive.

À propos du mot d'ordre appelant à faire barrage au Front National

Le barrage républicain et son opération de rabattage électoraliste

 

Ces conditions de relative stabilité étant données, car la démocratie européenne n'est ni fragile ni malade, mais dominatrice, riche et sûre d'elle-même, le seul enjeu du second tour de l'élection présidentielle 2017 ne pouvait être que l'adhésion aux institutions de la V°république, quitte à les toiletter, à l'aide d'un artifice, le changement aussi pompeux que populiste d'étiquettes. Une pratique typique à droite de l'échiquier politique, depuis le début de la V° république. Et, à ce sujet, n'en déplaise aux tacticiens en soldats de plomb, La République En Marche a plus à voir, par sa volonté globalisante, avec le Front National, que la France insoumise qui se situe de facto par son nom en rupture avec le consensus institutionnel et national, propre à la V° république. La boulangerie Le Pen et la haute-fidélité Macron ne sont que deux rayons d'un même hypermarché, qui déploient leur talent, sous l'enseigne vieilles rombières et jeunes peigne-culs, pour attirer l'attention des clients en marche pour leurs courses. Et pour l'heure le président portable a incontestablement plus de succès que madame petit pain au chocolat. C'est dire les priorités de la démocratie capitaliste : faire consommer en vue de la croissance, plutôt qu'avoir le souci du bien-être de la population. Et de ce point de vue majeur, la masse des ouvriers et salariés en lutte doivent faire une différence entre les électeurs frontistes et le FN qui cherche à en tirer parti, en proposant des solutions nationalistes et xénophobes qui in fine vont à l'encontre de leurs intérêts matériels réels. Une force politique, ça s'élimine, pas un peuple, quand bien même est-il obtus. Que cela nous plaise ou non, il n'y a nulle part de population de rechange, sauf dans les délires-modèles des économistes libéraux qui raisonnent en terme d'agents et d'acteurs et se réjouissent des effets concurrentiels auxquels il faut imputer les divisions sociologiques qui opposent avant tout les salariés entre eux, avec les conséquences délétères sur la vie sociale générale que chacun peut observer. Voilà qui nous ramène au fameux front républicain de circonstances et à son faire barrage régulateur d'institutions dictatoriales quand à leur fond. Notons tout de suite que ce barrage varie selon les forces politiques en présence. Pour les uns, il est en marche comme une forêt large de sapins propulsés par un glissement de terrain, qui crient banco ! Pour une fraction des républicains de 2012, c'est un barrage de castor, fait de bric et de broc, qui grossit avec tous les éléments à la dérive. Pour la gauche capitaliste, c'est une ligne Maginot infranchissable, dotée d'un essuie-glace européen qui balaie un horizon économique jugé indépassable. Pour la France insoumise, qui a encore à faire des progrès politiques, sur le plan de son indépendance vis-à-vis de tout l'arc politique institutionnel, c'est le lieu où faire de l'électricité, en espérant qu'elle sera de bon conseil. Cette dernière, quoi qu'on en pense, est par ailleurs, la seule force politique qui n'est pas en marche mais en lutte et donc du point de vue médiatique le seul extrême inacceptable, en mémoire de ce slogan en France indémodable : plutôt mort que rouge. Leur préférence plus ou moins clairement affichée va donc au peuple qui râle, à convaincre à coups de grosses ficelles pédagogiques, plutôt qu'au peuple qui revendique. Ce dernier est pour eux, minoritaire, terroriste, preneur d'otages et compagnie. Normal ! Ce contre-pouvoir est institutionnel, sur le mode courroies et poulies. Représentant l'opinion démocratique dominante, il faut donc couper court à cette idéologie du fait accompli et en tirer toutes les conséquences : agir en vue d'une indépendance de classe en opposition à toutes les forces politiques qui peu ou prou s'appliquent à défendre ce régime présidentiel dont elles sont les garantes et les relais, pour maintenir coût que coûte la vieille politique d'exploitation des masses salariées et d'oppression des peuples, notamment en Afrique et au Moyen-Orient. Deux constantes qui se vérifient quelque soit le grand commandeur de l'appareil d'état, tout gonflé de son importance et féroce et doux comme Zeus le père. Cette indépendance ne tombe pas du ciel. Elle se construit pied à pied et au jour le jour, en cherchant à arracher la population à la sujétion idéologique dont elle est l'objet. En clair, la France Insoumise, car pour l'heure ouvriers et salariés en lutte ne dispose d'aucune autre force politique pour faire valoir politiquement leurs luttes, n'a pas à obtempérer aux injonctions frénétiques et néfastes, exigeant d'elle, la capitulation absolue aux réquisits de la démocratie européenne, qui représente l'intérêt général et commun des états nationaux capitalistes qui y participent. La montée du FN et des populismes en Europe, faut-il le rappeler, est le fruit de décennies de politiques économiques monopolistes concurrentielles et non le résultat d'une agrégation électorale, à laquelle on ne sait quel repli sur soi servirait de réservoir infesté de virus et de bactéries. Pour reprendre le vocabulaire de prévention des risques hygiéniques et sanitaires qui a cours dès que la belle politique constate les effets sociaux de ces décisions économiques, sur des populations en proie au doute, au ressentiment et à la colère, et cela à juste titre. Ce ne sont pas des populations de robots, dotés de logiciels à mettre à jour ou d'animaux à reprogrammer génétiquement. Il convient donc de s'opposer par tous les moyens politiques et sociaux à ce rabattage électoral qui ne vise, en dernière instance, qu'à perpétuer un mode de vie capitaliste aussi nocif que nuisible, bien qu'il puisse être agréable à certains individus à Rolex et stocks-options et autres couches sociales interconnectées entre elles, dont le but avoué est d'organiser la vie sociale, en fonction de leurs seuls intérêts immédiats et particuliers et au nom d'un marche ou crève ! qui montre bien leur soumission globale aux impératifs de l'économie nationale et aux entreprises qui la fondent. De ce côté rien de nouveau ne peut se produire autrement que de façon totalement artificiel et mensonger. Que ce front-là républicain aille au diable avec qui il a maille à partir ! Défendons nos seuls intérêts politiques et sociaux.

 

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