Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

pour un parti de l'abstention révolutionnaire

pour un parti de l'abstention révolutionnaire

«Le monde sera beau je l'affirme je signe» (Jean Ferrat)


Les métamorphoses de l'état

Publié par xyz sur 31 Mai 2017, 15:39pm

Ne croyez pas qu'ils n'y songent pas, eux aussi, au pouvoir d'état, les intellectuels organiques d'état. Aussi nous faut-il pour compenser la puissance des états qui nous barrent la voie, that is not alternative, non pas le nombre, ça nous l'avons, nature et culture se sont entendues là-dessus, mais, des intellectuels points d'appui, œuvrant à amplifier nos forces. C'est un appel à rompre toute solidarité avec un état qui n'est en rien nôtre.

abracadabra, soleil d'état !

abracadabra, soleil d'état !

(en marge d'un éditorial de même titre et signé Philippe Tronquoy, in les cahiers français n° 379, la place de l'état aujourd'hui, la documentation française)

 

Cet édito-rail a pour base l'éternelle et actuelle question de l'état, de son rôle et de sa fonction, y synthétisant des choses mille fois dites, associées à un fantasme d'ordre littéraire, que nous n'allons pas dévoiler immédiatement, pour nous plier à l'ordre de la lecture. N'allons pas déflorer le sujet avec la brutalité d'un bolchévik. L'état n'est-il pas la chose sacrée, enveloppée de mystère, qui entretient un haletant voire insoutenable suspens ? Et donc commençons par le commencement, l'état tel qu'aujourd'hui, il se donne à voir, plongé jusqu'au yeux dans son nouvel environnement.

« Depuis la mondialisation des années 1980, les questions économiques et financières participent d'un processus d'intégration planétaire et les marges des États s'en sont trouvées réduites. ».

« Les marges des États s'en sont trouvées réduites ! ». Voyez-vous ça ! L'intégration tant prônée en d'autres lieux comme le nec plus ultra de la vie sociétale, vécue ici comme un processus sinon d'étouffement des énergies, de réduction des forces vives de la nation. Au nom de quoi, ne pourrions-nous pas affirmer au contraire, que les marges des États s'en sont trouvées accrues ? Et cela de la manière la plus simple, en adjoignant à ces marges fort dépourvues en apparence, des marges de profits confortables, en provenance des marchés que les états en question soutiennent avec la plus grande énergie, tant les uns et les autres s'emboîtent comme poupées russes. Ce que ces mêmes cahiers français ne manquent pas de relever, par exemple, dans un article signé Luc Rouban, portant sur les élites de l’État, à la recherche d'un modèle, article qui aborde, sur fond d'évolution de carrières des hauts-fonctionnaires, la question des passerelles entre public et privé. À tout le moins, la souveraineté que d'aucuns, camelots et bateleurs d'estrade, jugent perdue et qui sert ici de fond à l'argument, doit être revue de fond en comble, au vu de la synergie que son redéploiement sur la base d'une fusion de plus en plus forte entre public et privé, suscite. Sauf à nier l'existence le l'Union européenne, union, faut-il le rappeler, économique et monétaire entre états de même nom et liés entre eux par des traités économiques qui ont quasi valeurs constitutionnelles. En tout cas, agissent comme telles. La Grèce en sait quelque chose. La réduction des marges n'est donc pas incompatible avec leur accroissement, selon le principe des vases communicants. Et l'Allemagne respectueuse des traités entend que cette hiérarchie soit honorée, en lieux et heures voulues, comme tout autre échéance, quitte à exalter ce que sa Mère-Thérésa aux réfugiés réprouve, la concurrence impitoyable entre états, aussitôt transformée par un certain socialisme arrondi, en une saine émulation sociale de marché. Le portefeuille a son gras de raison que le cœur de l'état enveloppe d'un rond-de-cuir très-seyant ? Ne bat-il pas comme un fouet ?

 

« Les marges des États s'en sont trouvées réduites ! ». À l'évidence, Philippe Tronquoy n'est pas américain, ni fin observateur des USA dont il affirme, selon le vieux cliché isolationniste habituel, que « leur construction s'est d'emblée caractérisée par une forte défiance vis-à-vis de l’État. ». Nous n'osons imaginer ce qu'aurait pu être cet État américain, si cette union d'états d'Amérique, réalisée par le sanglant processus de la guerre de sécession, s'était amourachée de son État fédéral. Il se serait sans doute projeté partout dans le monde, par le biais d'une politique interventionniste tous azimuts, afin d'en devenir a posteriori, plus qu'un maître haï, bourreau de Podolie au long collier d'yeux affreux, son Œil bienveillant et créateur, en le façonnant à son image. En conséquence de quoi, ni la seconde guerre mondiale ni dernièrement la guerre d'Irak n'ont eu lieu. Simplement, car bruit et fureur idiotes perdurent dans le siècle, de méchants kamikazes et intermittents de l'empire du Mal ont forcé ce bon État d'états bons, à sortir de ses gonds. C'est ainsi que l'histoire est morte, laissant aux états amoindris le soin de tout remettre en marche, selon le bon ordre mondial qui sied à des nations conscientes de la vanité de toute action étatique velléitaire sinon révolue. Telle est en substance la fable à laquelle le bon vieux La Fontaine n'avait point songé mais que Philippe Tronquoy prend sur lui de lui prêter. Nous approchons du mystère littéraire promis. Mais faisons durer encore un peu le suspens. Sur ce sujet trans-historique inépuisable, l’État, ce ne sont pas les dissertations qui manquent, ni les bacheliers en quête de mention dans les livres d'histoire. Par exemple, pour démontrer l'inanité des révolutions parce que très-coûteuses en hommes et par là les rendre à jamais inutiles. Quant aux boucheries guerrières et leurs terribles montagnes de cadavres, ces enfants de basse besogne en sont convaincus : elles résultent de quelque apocalypse now incomparable et donc inexplicable relativement aux horribles révolutions, sauf à vouloir faire dérailler la raison.

 

« Les marges des États s'en sont trouvées réduites ! ». Mais pourquoi et comment cela ? Voyons ! C'est qu'un certain retrait de l’État l'a métamorphosé en providence des actionnaires, en état actionnaire des actionnaires. Voilà ce qu'il appeler un investissement à long terme, à la fois majeur et structurant. Toujours selon le principe des vases communiquant entre capital et travail. Marx, d'aucuns, journalistes au pays de nulle part, s'écrieront merdre !, a raconté la chose tout autrement, pour ne pas dire de manière inexplicable, médiatiquement parlant s'entend, parce que frappé du sceau d'une subjectivité archaïque et rétrograde. En avant la canonnade et les tweets de barrage, balancés à la cantonade ! Et pourtant n'a-t-il pas, abstraction faite d'un ne que restrictif, complimenter la bourgeoisie en affirmant qu'elle « ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de la production, donc les conditions de la production, donc l'ensemble des rapports sociaux. ». Ce qu'elle continue de faire, à la fois en « sorcier impuissant », de son aveu même, et en jouant, à son corps défendant, soyons charitables, un rôle désormais contre-révolutionnaire, pour donner un contenu social et politique à la dite métamorphose de l’État-vache-sacrée. C'est grosso modo ce que raconte cet éditorial, mais de manière à la fois éthique et responsable et conscient des risques et des enjeux. Pour qui ? Ça c'est plus vague. Si les formes de cette métamorphose ont la nouveauté pour elle et tout l'amour que des philosophes à taloches lui portent, ce sont en effet des hommes réels qui font l'histoire, sur le fond, rien de bien nouveau sous le soleil. Les changements opérés qui certes sont des faits vérifiables ne découlent en rien d'une libre volonté d'inventer de nouveaux modes de vie. Ils doivent tout au contraire aux ressorts économiques qui les sous-tendent, comme le confesse et s'en vante le discours économique dominant, péchés capitaux fait croître les taux, quand bien même ces nouveaux modes de vivre-ensemble semblent moteur en tant que carburant à l'innovation et à la créativité, quoique simultanément en découle, et c'est un paradoxe, une « demande de protection » de la part des citoyens. Après des siècles de combat intestin et domestique, les guerriers espèrent jouir d'un repos bien mérité. « Leurs attentes donc envers la puissance publique qui revêtent un caractère inépuisable », en sont centuplées. D'où, le paradoxe ici devient sablier à retourner à volonté, « le recul de son autorité, ayant dû davantage composer avec les multiples expressions de la société civile » (voir note sur les dimanches travaillés) , dont actionnaires et managers, qu'il ne faudrait tout de même pas oublier, au moment même où ils s'affichent sans complexe en grands gagnants de l'économie de casino, comme pleurnichent ceux qui, changeant d'arme et de cible, ne décolèrent pas de ce que partout des gens fainéants et profiteurs se plaignent de leur état lamentable et en sont, pour les uns, bien malheureux, pessimisme de l'intelligence, bornée par la culture, et pour les autres, optimisme de la volonté bloquée par un carnaval de niches, réclamant d'en finir, mais ne sachant pas, selon une honorable rumeur et séculaire et persistante, comme bédouins, barbares et bêtes féroces, ce qu'ils font ni ce qu'ils disent, ce qui n'est pas une raison suffisante de leur pardonner leur incommensurable bêtise. Voilà pour le sens des responsabilités qui ont toujours sous la main, un coupable qui leur permet de se défausser soit férocement soit gentiment, à la manière de Zeus doux comme un papa.

Attention ! État qui vient...

 

Et c'est donc en chancelier drolatique que, pour conclure, nous nous apprêtons à mettre fin au suspens, en levant le voile sur l'horreur sacrée littéraire qui hante cet édito-rail, l'embarquant bien malgré lui à bord de quelque folie ferroviaire du genre runaway train dont voici le résumé. Nous nous permettons de changer le noms des personnages, dans le but évident de provoquer un effet de réel. « Manie et Bulle parviennent à s'échapper de prison. Sûrement un pénitencier d'état. Leur fuite est très compliquée et dangereuse car ils sont au beau milieu de l'Alaska, région aux conditions climatiques glaciales. La nature, par définition, est égoïste. Elle ne pense qu'à elle, dans la mesure où toute pensée en elle est forclose. Toutefois, ils rejoignent une gare, sans doute la gare de 2008 hantés par quelque domostroy * pour tous, et montent à bord d'un train. Malheureusement pour eux, Donald, le conducteur est victime d'une crise cardiaque, après avoir envoyé une série de tweets endiablés, et les freins du convoi ne répondent plus ! La vitesse ne cesse d'augmenter et personne ne semble capable de la faire redescendre, à l'exception de notre tout nouveau président. Las ! Il est trop petit pour faire des ses petites menottes, manettes de secours... ». Comme métaphore de « la métamorphose de l’État » aux prises avec la mondialisation financière, cela ne déroge pas à la tradition des annonces-catastrophes, propices à conforter les choix électoraux, auxquels, démocratie oblige, seraient dévolu le soin de décider de l’État de sa nature et de sa conduite. Choix égrenés par Tolstoï, comme suit : « Car il y a des eunuques qui sont nés tels dans le sein de leur mère : il y en a qui ont été faits eunuques par les hommes et il y en a qui se sont faits eunuques eux-mêmes pour le royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre ceci le comprenne. (Matthieu, XIX, 10, 11, 12.) ». Après ces fortes paroles qui prônent l'abstinence, comme remède au dévergondage inhérent à la nature humaine rapportée à son seul sexe, selon le principe du doigt dans l'oeil, le mystère qui ici nous précède et nous attend au tournant, nul n'en sera étonné, c'est « Big Brother ! ». Pour une surprise ! Au titre de plan b, possiblement le meilleur, qui revient sans crier gare, quand tout à foiré. Et cela à force d'essayer de dire et faire n'importe quoi. À savoir que l’État est bien commun et à égale distance de tout un chacun, bien, bien entendu, à défendre et partager quoiqu'il en coûte. Eh bien ! Nous ne sommes en rien d'accord avec pareil point de vue, que sa chute finale contredit de bout en bout. Sauf à parler de réduction à l'absurde. Qui d'autre maintenant pour nier la possibilité, intellectuellement parlant, il va de soi, d'additionner états et marchés, en disant, comme au cours préparatoire : je pose le monde et je retiens l’État quelque part dans ma tête ? N'est-ce pas cela qui se nomme comptabilité double et donc tricherie ?

 

* Livre du moine Sylvestre où étaient exposées les règles de la vie familiale du temps d’Ivan le Terrible.

La question du dimanche travaillé

Il est symptomatique de l'état d'esprit organique qui gouverne certains esprits faisant office d'accoucheurs d'idées nouvelles, que dans ces mêmes cahiers français soit abordée une question somme toute mineure à propos du travail du dimanche et dont il est rendue compte sous le titre commun de : Faut-il autoriser l'ouverture des commerces le dimanche ? Il est donc bien vrai que qui veut le plus peut le moins au final. À savoir les attentes émanant de la société civile, rapportées aux réalisations pratiques que cette dernière, à la remorque, voire à la ramasse, sur le plan économique, attend de ce qu'elle croit être son état, bien décidé lui à se métamorphoser en huissier du code du travail. Et cela avec tout l'amour et l'appui que la dite société civile est prête à lui accorder. Au lieu de vivre d'emprunts russes et de Panama, à l'instar de ses imbéciles d'ancêtres de souche à cornes gauloises, elle s'enthousiasme pour la livraison attendue de tout nouveaux coolies et autre uber qui, selon ses calculs, devraient lui permettre de passer l'hiver tranquille. C'est bien ! Elle a invité à la maison, tous les amis du prolétaire Norbert Truquin, ceux qu'autrefois elle avait réuni dans une galère, pour la couler, bédouins, barbares et bêtes féroces. Preuve de sa toute nouvelle et grande ouverture d'esprit, prompte à se métamorphoser en bouche à feu, tenant à peu près ce langage évangélique : travailler mes frères ! C'est en vérité prier au centuple et donc faire corps avec dieu.

 

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents