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pour un parti de l'abstention révolutionnaire

pour un parti de l'abstention révolutionnaire

«Le monde sera beau je l'affirme je signe» (Jean Ferrat)


En regard d'une campagne délétère et frénétique

Publié par xyz sur 11 Mai 2017, 06:37am

Les élections ne sont piège à cons que pour les cons. Et nous l'affirmons en sachant que ce vocable regroupe de multiples courants d'opinions qui tant socialement que politiquement n'ont en réalité que très peu à voir ensemble. Aussi sommes-nous certains que l'on nous pardonnera cette familiarité qui, en la matière, n'est pas nôtre. Mais d'un autre côté la connerie, car c'en est une, quand bien même jubilatoire, doit être appréciée à l'aune de la bouffonnerie dont elle affuble gratuitement et globalement les électeurs, avec ce sens égalitariste, typiquement français, de la répartie. La prendre au sérieux, autrement qu'en s'en moquant, ce serait pour le coup faire le jeu de l'imbécillité politique et des couches et classes sociales qui en bénéficient directement ou par défaut, et cela par le biais d'une politique électoraliste, visant à faire de l'électorat une clientèle. De là l'idée d'offre politique et les ristournes et promotions politiciennes qui vont avec. Si ce vocabulaire est faussé, il est bigrement en phase avec son époque qui a pour slogan générique une vieille devise : vae victis ! Malheur aux vaincus ! En latin et en français, car deux précautions valent mieux qu'une.

un portrait possible de la France insoumise

un portrait possible de la France insoumise

L'imbécillité politique d'abord !

 

Que le Front national maintenant, puisque nous avons jeté sur la table la question de l'imbécillité politique profitable, soit une association de malfaiteurs xénophobes, deux choses le disent. Son nom et sa priorité politique affichée : la préférence nationale. Commençons par dire d'abord quelques mots à propos de sa dénomination qui évoque de facto un combat de la nation toute entière contre une occupation étrangère ou plus radicalement et donc illusoirement renvoie à la restauration de sa nature originelle imaginaire, peuplée d'une armée de personnages historiques qui font peuple et dont il dit par ailleurs qu'ils ont fait la France. Au Front National, plus grosse est l'incohérence, plus belle la France en livrées rouge et or de papes et de rois. Une assimilation forte qui a enflammé le cerveau de feu monsieur Furet, historien par hypothèse et concrètement publiciste oeuvrant à effacer la Révolution française d'un trait de plume lestée de cire. L'histoire de France, oui ! C'est lui ! Histoire qu'il révoque à sa guise. Aujourd'hui, en effet, il est courant d'imaginer quelle histoire aurait été préférable. La réécrire n'est donc pas réservée aux arrières-boutiques infâmes qui ergote sur le nombre et la qualité des chambres à gaz et leur destination et diffuse une alchimie teintée de culture travestie et de religion de la fin des temps. Mais revenons au réel ! Si ce Front avait le courage de ses opinions, il se donnerait comme Force Nationaliste, force supplétive, offrant son concours à l'état français, dans les guerres anti-sociales qu'il mène ici et à l'étranger. Mais là encore il faudrait expliquer aux Français le miracle de l'accroissement de la puissance des forces armées et de police, en les rangeant sous l'étendard du Front National. Sauf à proclamer la nécessité d'un état préférentiel, pour ne pas parler de dictature nationale ou de révolution nationale comme le fit le régime de Vichy et son glorieux maréchal Pétain guerroyant contre les juifs et les communistes.

 

N'en déplaisent aux esprits forts et fiers, tout débat sur l'identité, qui n'a au final, pour se faire valoir, d'autre ressource que de se substituer au cadre historique commun, est nul et non advenu. Et donc sauf à partir de ce qui aurait été préférable, ainsi que le suggère une soi-disant nouvelle et grotesque histoire, la politique aujourd'hui consiste à dénoncer les inégalités sociales des sociétés actuels. Point barre. Gueules d'azur à clés libérales ou nationalistes, passez votre chemin ! Votre lobbying obscène n'est que pipe d'opium, alimentée par vos lubies. D'une part la société française, en dépit de sa république de citoyens, a toujours été inégalitaire, au sens moderne du mot, avec sa part ineffable de liberté générique, qui dit à l'ouvrier : travaille et tu seras libre! libre d'acheter un beau costard de candidat, lui défendant sans rire d'attenter à la liberté du travail, quasi attentat aux mœurs bourgeoises, séparant responsabilité familiale et repos du guerrier, en une forme burlesque d'aristocratie de l'esprit, qui réenchante le Bordel. Et d'autre part, c'est précisément ce fond-là économique inégalitaire, valable aujourd'hui pour toutes les nations, toutes, de gré ou de force, enchaînées à la civilisation capitaliste, qui fait de l’Égalité, non une chose dotée ou non d'une reconnaissance juridique, mais une lutte permanente pour l'amélioration des conditions de vie et de travail. Et en cela elle s'oppose à toute forme de préférence nationale qu'elle soit xénophobe ou libérale.

 

Et c'est précisément cette lutte pour l’Égalité qui est sans cesse remise en cause. Récemment encore par le biais de la loi anti-travail El-Khomri, et cela, summum de l'hypocrisie républicaine, au nom même de l’Égalité entre tous les salariés. Cette contre-réforme structurelle fait des heureux à Berlin et Bruxelles. Outre qu'elle accentue la division du travail qui oppose les salariés les uns aux autres, elle offre surtout un surcroît de confort, sur le plan de la concurrence, aux grands investisseurs. Et alors ducon ! Quand est-ce que tu vas comprendre que tout ça est fonctionnel ! Comme les petits pois en boîte. Cette façon de voir est celle du Front National. Mais lui, prenant acte de cette division inhérente aux rapports économiques actuels, rebaptise à tour de bras les catégories économiques, dès lors chargées de produire des salariés made in France et non grata. Une division sociale de combat, que sa tonitruance s'emploie à répandre et qui réenchante son âme nationaliste millénaire, toujours prête à attester de sa qualité française d'appellation supérieure. Et de parader sur les estrades et d'y pérorer à propos d'un peuple bientôt allégé de son foie gras oligarchique, purgé de son parasitisme d'état qui affecte sa conscience de soi et vacciné contre toutes les maladies islamiques bolivariennes envahissantes qui l'avachissent !

 

Bref le Front national s'emploie à retirer l'épine du système du pied du peuple, afin qu'il recouvre la volonté de se mettre debout, puis en marche et ainsi redevienne français en remettant tout en ordre. Il y a une cohérence des slogans formant convoi. Autrement dit le FN imagine quelle politique capitaliste serait préférable pour participer au festin impérialiste mondial. Sa rupture avec ce qui est, à savoir les politiques économiques qui combinent l'exploitation des ouvriers et salariés et l'oppression des peuples, n'est que verbale et verbiage pesant. Et, en dernière analyse, la politique qu'il défend n'est qu'une déclaration de guerre, adressée et aux états-nations concurrentes et au genre humain, tirant de leur hiérarchie construite, sur le temps long de l'économie politique, une hiérarchie totalement imaginaire, Éden ou Olympe, qui concrètement s'affirme comme préférence nationale, dont le message est : indésirables d'ici et d'ailleurs, prenez familles et enfants, partez vite et vous serez quittes de tous sévices publics ! Prisons ou pire. Comme quoi, blague nationaliste, face à la mort parfumée, tout enfermement vaut cinq étoiles. Ou alors d'argumenter concrètement que de toute façon ici il n'y a pas de mosquées pour prier, ni même d'usines pour prier le patron de vous embaucher, alors ! Dehors ! Quels dehors puisque le système est partout ? Quoi qu'il en soit de son discours gauchi, le Front Nationaliste n'a d'argumentation qu'en roue libre, faisant feu de tout bois, n'est-il pas martyr conduit au bûcher à toute heure, le bon casse-croûte, donnant libre cours à une imagination nourrie exclusivement de polémiques offertes ou voulues et systématiquement recherchées. Normal ! Du système en faillite, il est la faille réparatrice. Et le seul autre monde qu'il connaisse est pour les autres, six pieds sous terre. Et encore est-ce là pour les gêneurs et indésirables potentiels le meilleur des cas, une solution restant dans les limites de l'humain, comme disent d'honnêtes et bons philosophes très-libéraux, quant à leurs droits d'exercer la pensée par pression. Comme le hasard fait bien les choses, nous voici tout naturellement amené à parler du fabuleux ragoût, mijoté à la diable, dans la grande cocotte médiatique, à fumée blanche, elle aussi.

L'élection-phare à on, c'est maintenant !

 

Lâchant pets et gaz, les maîtres du monde, réunis à cette fin en congrès, pondent dialectiquement, à intervalles réguliers, un passager clandestin, dont les états ont besoin pour proliférer. Mais ces aliens se donnent à voir sous leur plus beau jour. Le premier président noir ou le plus jeune de tous, etc. En attendant, en France, l'élection de la première femme ! Les médias, en charge de la diffusion de ces figures jamais essayées, en informent immédiatement le reste du monde, en placardant à l'ancienne des avis à la population. Flotte alors un parfum de liberté. Cela se voit au fait que la rue se remplit de petites robes noires, blindées de la tête aux pieds. Et, en mai 2017, cette liberté ivre de % et d'orgueil, émane d'un flacon de verre macron, soufflé au cours d'un combat antifasciste largement fantasmé, contre le Front nationaliste. L'a repris à son compte le bon bec macron, ni à droite, ni à gauche. Comme un emballage neutre sans étiquetage, avec des images qui tuent. Attention ! Ceci est imagerie présidentielle, soumise à expertise scientifique. Mais trêve d'images titrisées, opposant le satirique à l'idyllique, revenons en France ! Et à l'élection de Charles-Emmanuel VII, plus communément connu comme macron, fils de Jeanne et de son roi. Ce dernier titre lui confère la dimension historique qu'il réclame. Arrivant de nulle part, il a forcément toutes les qualités requises pour être adoré. Alors approchons-nous de cette idole des jeunes, pendue dans tous les hyper-taxis, aux côtés des mains de Fatma ! Et avec nos sales pattes de mouches, arpentons-en le brillant républicain ! En mémoire de juin 1848, le bon vieux temps des fines équipes libérales-conservatrices se faisaient une joie de fêter le bon ordre, en faisant donner du canon contre le peuple et les peuples colonisés, ce vil bétail ! Et tout cela bien évidemment, deux précautions valent mieux qu'une, au nom du peuple et de la liberté. Voilà pour l'histoire globalement rappelée et selon la monnaie de leur pièce.

 

Le vote Macron donc puisque, tweet and tweet, de tous côtés il n'a été question que de ça, pendant des semaines et des mois, essayer macron c'est personne grâce à vous ça sera quelqu'un, quelle est sa signification sociale et politique ? Rappelons que ce vote a été réduit, de manière surréaliste, à un vote contre ou par défaut, pour les uns, à un vote pour et adhésif quant aux autres et pour les uns et les autres, à un vote antifasciste ? En conséquence de quoi, vient cette absurdité digne de sa mauvaise foi initiale : toutes celles et ceux qui n'ont pas voté en marche ont jeté leurs voix dans les poubelles du FN. Ce sont donc des racistes et des fascistes ! Surenchérissons en criant vive les hooligans et autres éléments antisociaux ! Mais Fion républicain, réfugié dans le giron du FN, parle ! Que fais-tu ? As-tu retrouvé ta chemise arrachée ? Des voix graves protestent contre cette présentation des faits : Fait divers ! Amour passionnel ! Faut pas tout confondre ! Nul doute que nous soyons parvenus au stade de l'information pacifiée. Celle annonciatrice de la votation différentielle, qui a le préférable pour préalable. Avant d'enfoncer le clou, à la croix comme à la croix, remarquons au passage le remarquable retour du fascisme, en forme de dernier recours démocratique, dans un monde submergé par le totalitarisme. Signe des temps les vampires, au cinéma, s'unissent aux humains, pour lutter contre le Mal absolu. Concept, lui aussi, comme le ciel étoilé, sans droite, ni gauche. Encore qu'aux dernières nouvelles, l'Occident serait à gauche et à poil et l'Orient à droite et barbu. C'est pour ça que les meufs là-bas loin se couvrent et le bec et les ailes. Au moins avec ce sommet de la pensée politique, nul n'ignore plus que le monde a un œil qui dit merde à l'autre ! Mais macron ! Et sa république macron en marche ! Nouveau bon point de la singularité française, traçant une ligne nationale-européenne, en transhumance sur l'autoroute mondiale évidemment interdite aux grévistes, manifestants et auto-stoppeurs. Faire barrage ici, c'est se sectionner l'artère fémorale. Tout cela qui précède est pour restituer la lourde et entêtante atmosphère qui a présidé et préside encore à la mise en place du nouveau coucou moi président présidentiel !

 

La politique du moindre effort social

 

Dans quel but ? Pour quels objectifs ? Approfondir la contre-réforme nationale préférentielle, en réduisant le travail a une variable d'ajustement, moléculaire. Non seulement, le beau monde-là ouvert à lui-même ne s'en cache pas, mais même il s'en vante. Ce n'était qu'un début. Nous allons continuer le job. Où ça passe, où ça casse, paroles de kamikaze repenti. Ou nous ou vous le pire ! Selon une théologie politique éculée mais recyclée en loi fondamentale. Ou Moi ou Mélenchon, comme dit l'unique bocal trouvant les cornichons nationaux sympa. Eh oui ! Une élection peut en cacher d'autres. C'est le moment de ramollir l'Ennemi. Sous cette monnaie symbolique à deux balles, bavant des ronds-de-chapeaux imaginaires, il y a bien entendu un réel bien réel que recouvre la loi anti-travail, dernier avatar de toutes les lois scélérates et anti-ouvrières et anti-sociales. Le prochain quinquennat n'a rien d'une aventure personnelle, à vivre de façon créative, dans un espace totalement ouvert. Il est au contraire balisé de bout en bout. Il a son cahier des charge sociales (en fait des formes de salaires différés) à réduire coûte que coûte, et son corps d'huissiers européens, garants du bon emploi de l'argent public destiné prioritairement au paiement de la dette, etc. Tout cela bien connu, n'empêche pas, et même au contraire, car il s'agit d'escamoter le crime qui se prépare, n'empêche pas les bons samaritains et chouettes apôtres de la liberté d'entreprendre, de protester de la bonne foi de leur homme de paille : laissez-le faire ses preuves ! Il est vrai que personne n'a jamais essayé le printemps à une hirondelle, ni la roue carrée. Alors que la guerre pour déboucher l'avenir, ça, oui ! Erreur de jeunesse, évidemment. En même temps, il est vrai, que nul ne peut affirmer que le premier président noir a provoqué la première guerre mondiale. Ni que le plus jeune président de la cinquième république dirige la première et plus jeune des républiques. Cela dit pour les fanatiques de la formule 1 = 0, à savoir que macron est macron et que seul macron saura ce qu'il fait au moment où il le fera. C'est la formule nationaliste typique déjà dénoncée par Hannah Arendt. À réécrire de manière robuste, comme suit : après moi le déluge !

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